Littérature:  Jean de LA FONTAINE (1621-1695)

Résumé, et vocabulaire, de la fable suivante
C'était
au 17e siècle. Le texte de la fable, ci-dessous, peut être difficile à lire.

Commençons par raconter l'histoire.

Vous connaissez le loup?
L'agneau, c'est un petit mouton, très jeune. (Bêêê...)

Dans la fable... 
L'Agneau boit de l'eau, dans la rivière. 
Le loup a faim, il est à jeun.
à jeun = il n'a rien mangé, son estomac est vide.

Le Loup veut manger l'agneau, il cherche des arguments pour l'attaquer:
   
1. - Tu vas salir l'eau que je bois!
Salir = rendre l'eau sale.
Sale, trouble, c'est le contraire de propre, limpide, pur(e). 
Boire = se désaltérer.

- Non, dit l'Agneau, parce que je bois l'eau de la rivière plus bas que vous.
L'eau descend. Le Loup boit l'eau qui est "plus haut" (= en amont) et l'Agneau boit l'eau qui est "plus bas" (= en aval).
    
   

2. Le Loup cherche un autre argument: 
 - L'année passée, tu as dit du mal de moi!
médire = dire du mal, dire des choses méchantes, et pas vraies, calomnier...

 - Non, dit l'Agneau, c'est impossible: l'année dernière je n'étais pas encore né.

   

3. _ Si ce n'est pas toi, c'est ton frère!

-Non, dit l'Agneau, je n'ai pas de frère.

  
 

4. Si ce n'est pas ton frère, c'est quelqu'un de ta famille. Ou bien les bergers, ou bien les chiens: en tout cas, je suis furieux et je vais me venger!
Berger: l'homme qui accompagne les moutons dans la campagne, dans la montagne, avec son chien ou ses chiens.

Et le Loup prend l'Agneau, et il l'emporte, et il le mange!
  
Morale de la fable: ce sont les plus forts qui ont les bons arguments, qui ont raison, parce qu'ils ont la force: 

"La raison du plus fort est toujours la meilleure" 

Le loup et l'Agneau

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vais désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère.
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
- Je n'en ai point. - C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

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